Claude Viguié née Kressmann

(1941)

(membre du Mouvement Jeunes Femmes)

 

 

Née à Talence dans l'hôpital de la Maison de Santé Protestante de Bagatelle elle est élevée à Bordeaux.. Elle commence sa scolarité en cours privé, mais termine le primaire au Lycée de jeunes filles.

Claude garde des souvenirs mémorables des vacances de son enfance piqueyoise sur le bassin d'Arcachon où adolescente elle fait des régates à la tète de son "Mousse" en compagnie d'un cousin plus jeune, mais surtout charentaise, avec les séjours réguliers en septembre en Charente au Brillac, près de Jarnac.

Après son bac de philosophie passé à Bordeaux (thème : ‘la responsabilité’, Claude séjourne en 1961, une année scolaire, en Grande-Bretagne, où elle obtient un certificat (le Cambridge proficiency) avant de revenir à Bordeaux pour entreprendre un BTS de secrétariat de direction simultanément avec Propédeutique section Lettres. Elle termine par un stage de trois mois dans les bureaux du journal Sud-Ouest. Elle envisage alors d'aller travailler à Genève au sein du Conseil oecuménique des Eglises.

Côté vie associative, elle est peu attirée par le scoutisme, qu’elle a connu à 12 ans, à l’occasion d’un séjour au Chambon sur Lignon, puis d’un camp aux Courmettes (Alpes maritimes), elle accepte néanmoins durant un an, la responsabilité légale d'une troupe d'Eclaireuses, qu’elle accompagne, aux côtés de son encore trop jeune cheftaine, lors de ses sorties. Au sein de sa paroisse ; elle est monitrice à l’école du dimanche, s'occupant également d'un groupe d'accueil des étudiants étrangers et représentant les jeunes au Conseil Presbytéral

Mais c’est des camps et des groupes de la " Fédé " fédération des associations chrétiennes de lycéens et d’étudiants qu’elle garde ses meilleurs souvenirs de jeunesse. Au sein de l’Alliance des équipes unionistes au Foyer pour tous. elle fait aussi partie d'une Chorale de jeunes, et bien avant qu'il

ne soit question de Vatican II, elle créée un groupe d'étudiants autour d'études bibliques œcuméniques.

L'arrivée massive des rapatriés d'Algérie les mobilise pour leur accueil et le transit de ceux qui vont ailleurs (de l'aéroport à la gare) ; titulaire de son permis, elle participe à l'organisation d’une permanence d’accueil tout au long de l’été 62, expérience qui rappelle le rôle des mouvements de jeunesse et la mobilisation qui s'était effectuée lors de la drôle de guerre, sous les auspices de la Croix Rouge. Toujours à Bordeaux, c'est au sein du groupe de jeunes du Foyer Pour Tous qu'elle fait, en octobre 62 , la connaissance de Francis Viguié, jeune pasteur en stage de fin d’études à Bordeaux, avec qui elle se fiance en juin 63 et qu'elle épouse quelques mois plus tard. Dans leurs diverses paroisses, elle gardera le souci des groupes de jeunes, de l’œcuménisme et de la lutte contre la solitude.

L'époux de Claude aurait pu être pasteur à Bordeaux, mais son mariage avec une paroissienne ayant des liens de famille avec une bonne partie de sa future paroisse, entraîne sa nomination en proche banlieue parisienne, à Charenton en 1963 où Claude obtient un diplôme de secouriste.

Leurs trois premiers fils naissent à Paris en 1965, 1967 et 1969. Elle donne ensuite naissance à Albi en octobre 1975 à des jumeaux, une fille et un garçon. La famille déménagera ensuite à Auxerre l’été 1979, puis à Bergerac l’été 1986 où son mari est nommé pasteur jusqu'en 1998 où il prend sa retraite.

En 1993, elle entreprend une recherche sur le féminisme protestant et s’inscrit à l’Ecole pratique des hautes études.

Les " Jeunes Femmes "

Elle a découvert, par le biais de sa mère, le Mouvement Jeunes Femmes en mai 1963 au congrès de Royan. Soutenue par quelques paroissiennes, elle crée dès 1964 son premier groupe et assume des responsabilités régionales parisiennes jusqu’en 1972, date de son départ pour Albi. . En 1970, elle crée à Charenton un deuxième groupe Jeunes Femmes " soir ". Elle vit son premier congrès du Mouvement Jeunes Femmes organisé par la région parisienne à Orléans en 1971, mais assure la responsabilité de la garderie des enfants des autres !.

Dès son arrivée en 1972, élue nationale, elle a noué des liens avec les responsables du Mouvement Jeunes Femmes à Albi, de la Région Midi-Pyrénées. En 1973 elle crée un groupe " soir " Jeunes Femmes, constitué en association 1901 et mettant son siège à la Maison des jeunes et de la Culture, Elle part avec Claude Groussin, dont c’est le premier congrès, à Alès, en 1973, congrès où sera pris une motion claire engageant le mouvement à soutenir le combat pour la libéralisation de l’avortement.

Entrée en 1974 au Conseil d’administration de la MJC, elle organise avec son groupe une table ronde sur " la femme dans la société française " et une exposition de 10 jours dans le cadre de la foire exposition, et un débat à la MJC sur " la femme et l’éducation permanente ". En 1975, elle coorganise 5 soirées débats sur la femme à travers les films, en 1976 une soirée chanson et débats sur " être femme en son temps " et une table ronde sur " Quel avenir pour le couple ",

en 1977 4 jours d’exposition sur " la créativité féminine ".

1978 voit la création d’une association " Mafedi " dont Claude assure le secrétariat pour une maison des femmes en difficultés, pour laquelle la municipalité donne une subvention, et l’organisation de débats autour des films " l’amour violé " (Yannick Bellon) et " l’une chante, l’autre pas " d’Agnès Varda.

1979 elle organise avec son groupe une projection débat sur " Alertez les bébés (scolarisation et épanouissement de l’enfant) et de " Mais qu’est-ce qu’elles veulent ? " d’Agnès Varda, ainsi que la réalisation d’une exposition sur l’Europe et ses structures. L’accord de la DDASS pour l’ouverture de la MAFEDI est obtenu.

A Auxerre, elle tente aussi de créer un groupe et organise en mars 1983 à la MJC une exposition avec débats " Pour une école non sexiste " et en mars 1984, l’exposition " des femmes et des métiers non traditionnels " avec débats, puis " les femmes au travail de 1882 à 1982 "

De 1968 à 1974 puis de 1981 à 1998 elle assure des responsabilités nationales au mouvement Jeunes Femmes, dont elle est membre du CA jusqu’en 1997.

A ce titre, elle participe à partir de 1982 à des travaux de commissions du CNIDF (hébergement des femmes en difficulté) et au CSIS (accompagnement de la grossesse puis prévention des violences) et effectue une visite d’une semaine au Maroc dans le cadre d’un jumelage organisé par les secrétariats à la Jeunesse et au Sports pour visiter des centres de planification et des foyers de formation de jeunes filles, ainsi que des crèches et des coopératives féminines.

Membre du bureau de la Fédération française des oeuvres et mouvements féminins qui représente l es WYWCA, l’Alliance mondiale des Unions chrétiennes féminines, au titre des Jeunes Femmes, elle est envoyée 15 jours 1987 représenter les Françaises au Conseil mondial de Phoenix (Arizona), puis à Stavanger (Norvège) en 1991, puis à Séoul (Corée) en 1995. Elle est déléguée de l’Alliance mondiale auprès de l’Unesco à partir de 1986, devenant tête de délégation, à partir de 1998. Elle est présidente de la Fédération de 1996 à 1998.

Les parents d’élèves

Ayant connu des femmes de sa génération par le réseau scolaire, à Charenton, elle participe en 1969 à la création d'une association de parents d'élèves à la maternelle, dont elle assure la présidence.

D'octobre 1972 à juillet 1979, elle réside à Albi. Peu après son arrivée, Claude devient présidente des parents d'élèves de l'école primaire, puis ensuite du Collège, et siège au conseil albigeois des parents d'élèves. Arrivée en 1979 à Auxerre dans l'Yonne, elle préside les parents d’élèves d’une école primaire, et participe au bureau de parents d’élèves du collège avant d’assurer la présidence des parents d’élèves du lycée en 1981. En 1982, Claude entre au bureau départemental des parents d’élèves et est élue Secrétaire départementale de la FCPE en 1985. Elle pose sans succès sa candidature au Conseil d’administration national en 1986. Arrivée à Bergerac l’été 1986, elle n’acceptera plus que d’être membre des bureaux du établissements scolaires, déléguée de parents d’élèves jusqu’à la fin des études de ses enfants.

La lutte pour le droit à la contraception et l’avortement

Tout en soutenant l'action de "Choisir la cause des femmes" qui lutte pour une loi autorisant l'avortement, Claude adhère au groupe IES " Information, Education, Sexualité et au Mouvement Français pour le Planning Familial du Tarn en 1973, avec une amie catholique épouse d'un médecin président du Conseil albigeois de Parents d'élèves, tous les deux pratiquants catholiques. Elle y suit une formation d'animatrice et participe avec des parents d'élèves, dont une amie gynécologue, à l'information des jeunes en milieu scolaire sur la sexualité et la contraception et à des soirées débats avec les parents du primaire. A partir de 1976, elle tient régulièrement des permanences du planning à la MJC.

De 1975 à 1979 date de son départ pour Auxerre, après l’ouverture d’un centre de planification à l’hôpital d’Albi, elle fait partie de l’équipe de conseillères conjugales et familiales du MFPF qui assure les entretiens et de l’accompagnement pendant et après les interruptions de grossesse, et adhère à l’ANCIC

Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception dont elle devient durant plusieurs années membre du CA.

Son mari étant appelé à Auxerre dans l'Yonne, elle est dans l'obligation l’été 1979 de quitter Albi, et entre au MFPF d’Auxerre. En 1980 elle pose sa candidature pour le poste de conseillère familiale 400 h comme vacataire PMI, postes qui seront titularisés en 1987, un an après son départ. Elle obtient quelques vacations en 1981 à Auxerre et des remplacements à Avallon, elle est affectée à Sens lors de son ouverture en 1982. Dès 1985 s’ajoutent aux permanences et des rencontres avec les jeunes des collèges, des animations auprès du personnel de la CAF, et en 1986 la participation à des animations auprès d’immigrés et à des stages de formation, ainsi que la participation à la préparation à l’accouchement, et la visite à la maternité de jeunes mère.

Le combat contre les violences

Après la contribution à la création d’une maison d’accueil pour les femmes victimes de violences à Albi, à Bergerac elle participe à la création d’un lieu d’accueil et d’écoute de femmes victimes de violences et au nom des Jeunes Femmes est partie civile dans plusieurs procès de viol et même fait jurisprudence dans le cas d’un meurtre

Le combat pour la parité homme-femme dans les instances élues

En 1989, Claude fait signer des pétitions de l’Union féminine Civique et Sociale pour que les femmes soient plus nombreuses au sein des municipalités. Le maire vient lui demander d’être en position éligible sur sa liste : elle sera conseillère municipale de 1990 à 1996, avec des délégations pour les femmes et le jumelage. Sa liste est battue en 1996, mais le combat n’est pas terminé et elle adhère à Elles Aussi pour la parité homme femmes et participe à la création d’une antenne en Dordogne, avec l’organisation locale de forums et de formations. Elle soutient une candidate aux législatives de 1997 puis entre sur sa liste pour les municipales de 2001.

Sources : entretien.

Auteure : Evelyne Diebolt

 

Claude en quelques lignes

Claude est l’aînée de 6 enfants son père, médecin, est le dernier né de 5 garçons d’une famille de la bourgeoisie protestante bordelais de négociants en vins dont les attaches familiales sont dans l’Eure et en Alsace, et sa mère est la deuxième fille d’une famille protestante bordelaise de 5 enfants, liée à l’armement et au négoce de bois africains dont les attaches familiales sont en Charente et en Charente Maritime. Dans sa famille se trouvent des personnes ayant assuré des responsabilités d’encadrement de jeunes au niveau de la génération parentale, et d’encadrement associatif au niveau grand-parental. Chez les arrières-grands-parents maternels des deux côtés il y eut des responsabilités politiques de premier plan au niveau national ou local.

A 22 ans elle épouse un pasteur et quitte Bordeaux le suivant dans son existence professionnelle à Charenton, Albi, Auxerre, Bergerac. Ils ont eu 5 enfants.

Toute sa vie elle est animatrice bénévole, militante pour les droits de l’être humain et en particulier ceux des femmes sauf, durant cinq ans, où elle est salariée comme conseillère conjugale et familiale au sein des centres de planification de l’Yonne.

Ses enfants élevés elle entreprend une formation à la Sorbonne (EPHE) de sociologie des religions et de la laïcité..

Le parcours

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