Suzanne (usuellement appelée Suzette) Duflo

(1910-1983)

(Présidente fondatrice du Mouvement Jeunes Femmes)

 

 

Née le 22 juillet 1910 à Le Cateau (Nord), dans une famille protestante, elle est la première fille et troisième enfant de l’ingénieur émile Degrémont (1878-1947) et de Charlotte Goguel (1877-1965). Elle passe son baccalauréat, mention philosophie en juillet 1930, puis commence une licence de philosophie en logeant au Foyer international d’étudiantes protestantes, boulevard Saint-Michel à Paris. Pendant ses études, elle est membre de la Fédération des étudiants chrétiens Elle s’investit beaucoup dans les activités du foyer et y noue des amitiés profondes. En 1932, elle y rencontre Pierre Duflo, jeune étudiant protestant qui réside alors au foyer des étudiants de la rue de Vaugirard et, qui y anime un cercle littéraire. De 1932 à 1934, elle est élève à l’école de surintendantes d’usines à Paris. Elle se marie avec Pierre Duflo en 1934. Le jeune couple part à Lille où Pierre occupe un emploi d’ingénieur. Ils contribuent à l’animation du foyer de Dives du pasteur Nick. Ils ont deux filles. Pierre est mobilisé en 1939. Suzanne, embauchée par le ministère des Armements, crée et dirige le service social des ateliers de la cartoucherie du Mans. La famille s’installe près de Paris, en 1941... Un fils naît.

En 1945, à Saint-Cloud, Pierre et Suzette animent des groupes de jeunes ménages. Ils ont un quatrième enfant : une fille. Jeanne Lebrun, une amie de longue date, essaie de redonner vie aux Unions chrétiennes de Jeunes filles). Elle souhaite que des conseillères aînées aident ces jeunes filles. Les nombreuses discussions de ces jeunes femmes aboutissent à la création d’un club d’aînées réfléchissant pour elles-mêmes. Après divers colloques et réunions, est créé à Saint-Cloud ce qui deviendra le Mouvement Jeunes Femmes ; Suzette et Jeanne Lebrun en sont les chevilles ouvrières.

De 1946 à 1966 elle est présidente du mouvement Jeunes Femmes. Ce mouvement aborde de nombreuses questions qui touchent leurs contemporaines :l’accouchement, la contraception. Les militantes de ce mouvement sont très actives dans la fondation du Planning familial. La guerre d’Algérie bouleverse et divise les Français. Le mouvement Jeunes Femmes publie des témoignages éclairants de jeunes femmes vivant en Algérie et Germaine Tillion publie une première version de son livre L’Algérie en 1957 dans la revue Jeunes Femmes en 1957.

Elle assume en parallèle de nombreux engagements dans les Unions chrétiennes de jeunes filles et dans la Fédération protestante de France.

Elle laisse un vif souvenir à ceux et celles qui l’ont connue. C’est assurément une des personnalités marquantes du protestantisme français de l’après guerre.

Elle décède le 2 juillet 1983 à Paris

Sources : Archives familiales.

Auteur de la biographie : évelyne DIEBOLT.