Madeleine Rives
(1890-1978)
Fondatrice dune association sanitaire
Née à Paris, est fille dÉmile Rives et dEmma Bonnes. Elle obtient son brevet simple et supérieur, elle a une bonne connaissance de langlais. Elle est orpheline quand elle commence ses études de la Maison de santé protestante de Bordeaux (MSP) en 1912. Elle est diplômée en octobre 1914. Elle est affectée dans des hôpitaux militaires : à Moulins (octobre 1914 mars 1915), à Vittel (mars 1915 juin 1917), à Châlons-sur-Marne (juin 1917 octobre 1917), Bar-le-Duc (juillet 1918 décembre 1918). Elle dirige la maternité de Châlons-sur-Marne de décembre 1918 à juin 1919, puis elle obtient son diplôme de sage-femme à Paris. Cette maternité est alors financée par le Comité américain des régions dévastées (CARD). Elle participe à la fondation de lHôpital de sages-femmes pour diriger la maternité de cet hôpital. Une grande amitié unie quatre élèves de la MSP : Madeleine Rives, Alice Bianquis, éva Durrleman et Thérèse Matter. Elles décident de fonder un hôpital-école pour former des infirmières après guerre. Elles ont envie douvrir cet hôpital dans une région particulièrement dévastée. Le Nord de la France les attire. Le pasteur Nick, de Fives-Lille, leur trouve trois grands bâtiments Rue Saint-Maur, devenue par la suite avenue Émile Zola, à Lille. Elles réussissent à réunir les fonds pour les acheter et pour ouvrir un hôpital qui est inauguré le 18 novembre 1923. Thérèse Matter et éva Durrleman assurent la direction de létablissement, qui va accueillir et former de nombreuses générations dinfirmières.
Le 18 novembre 1933, linauguration de linternat rassemble les familles Durrleman, Matter, Fallot, Escande, Ménard, Neu, et les membres du conseil dadministration, des collaborateurs, des anciens malades, des paroissiens du pasteur Nick et des pasteurs de Lille Pierre Bosc et Julien Alizon. Anna Hamilton fait le voyage de Bordeaux pour y assister. LHôpital-école Ambroise-Paré est le seul hôpital-école à avoir été fondé, en France, selon les conceptions du Dr Anna Hamilton.
Elle se marie, en 1923, avec Axel Mörch, qui a déjà cinq enfants. Ils ont une fille. En 1932, ils partent habiter dans le Queyras, dans la vallée de Saint-Véran, la plus haute de France. Elle donne des soins infirmiers, et pratique des accouchements à domicile.
Sources : DIEBOLT Évelyne, La Maison de Santé protestante de Bordeaux (1863-1934), Vers une conception novatrice des soins et de l'hôpital. Préface de Jacques Ellul, Toulouse, ERES, 1990. DIEBOLT Évelyne, LAURANT Jean-Pierre, Anne Morgan, une Américaine en Soissonnais (1917-1953). De la reconstruction des régions dévastées à l'action sociale, Soissons, publié par l'association Anne Morgan, 1990. Diebolt Évelyne, Femmes protestantes faces aux politiques de santé publique 1900-1939, in Bulletin de la société de lhistoire du protestantisme français (BHSP), Tome 146, mars 2000, p. 91-132.
Auteur de la bibliographie : Évelyne DIEBOLT