Marie-Louise Puech

(1876-1966)

Membre de l'AFFDU et de la FIFDU

Née Milhau à Castres, d’une famille protestante, elle obtient une licence d’allemand et, en 1874, un certificat d’aptitude à l’enseignement. Elle prépare l’agrégation à la Sorbonne. Elle enseigne au Canada, de 1900 à 1908, à l’université Mc Gill (Montréal). Elle crée ainsi des liens avec les Canadiens francophones et anglophones. En 1908, le consul de France la propose pour la Légion d’honneur, mais sans succès, sous le prétexte qu’on ne pouvait l’accorder à une femme. Elle l’obtient cependant en 1960. Elle est mariée au professeur Jules Puech, secrétaire au centre européen de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, puis attaché au ministère des Affaires étrangères . Il est protestant.

Elle est membre du Comité de direction de l’Association des Françaises diplômées des universités depuis l’origine et coordinatrice des relations internationales pendant près de vingt ans. Elle représente la Fédération internationale des femmes diplômées des universités à l’Institut de coopération intellectuelle de la SDN, qui préfigure l’Unesco. Elle préside la Commission des relations internationales de l’Afdu de 1927 à 1947. Pendant la guerre, repliée en zone libre, dans le Tarn, elle aide les femmes réfugiées françaises et étrangères à échapper aux Allemands qui les recherchent. La Fédération internationale des femmes diplômées des universités lui fait parvenir des fonds que son mari transporte pour les membres de l’Afdu restés en zone occupée. Pendant cette période, elle est en liaison avec Virginia Crocheron Gildersleeve. Elle fonde ensuite pour l’Afdu une bourse Puech-Milhau, destinée à perpétuer l’amitié franco-canadienne.

C’est une féministe modérée, dans la mouvance de Cécile Brunschvicg. Elle fait d’ailleurs partie du comité de l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF). Favorable au vote des femmes, elle écrit un article sur le sujet en 1923, et prononce une allocution à la radio en 1926.
Elle est également pacifiste. Elle écrit dans la revue La paix par le droit. Elle est secrétaire générale en 1925, puis présidente en 1933 de l’Union féminine pour la SDN.

Sources : Femmes diplômées, 3e trimestre 1966, n°59, pp. 125-126. Archives nationales, CAC Fontainebleau, Affdu, cote 102 AS, carton 65, dossier Marie-Louise Puech, Bibliothèque Marguerite Durand. Bard, 1993, p. 962. Renée Gérard, in Renée Gérard, Nicole Fouché, " Soixante-quinze ans d’histoire de l’Affdu ", Diplômées, 1997, p. XXVIII et p. LI. Nicole Dabernat, " Marie-Louise Puech-Milhau, une femme engagée, 1876,-1966 ", Diplômées, n° 204, mars 2003, pp.17-30. Rémy Cazals, Lettres de réfugiées, le réseau de Borieblanque. Des étrangères dans la France de Vichy, Paris, Tallandier, 2003, 473 p.
Auteure : Renée Gérard.

Auteure : Renée Gérard.