Janine NIEPCE

(1921)

(membre d'associations féministes)

 

Née Meudon. De tradition familiale, l’exploitation vinicole constitue l’activité principale de cette célèbre famille. Son lointain parent, Nicéphore est inscrit au Panthéon des inventeurs de la photographie. Son père vigneron ruiné par la crise du phyloloxéra part à Paris où il fabriquera des décors de cinéma. Pendant la guerre de 14, il construit les premiers avions.

Elle reçoit une éducation bourgeoise entre sa maison d’enfance de Rully en Bourgogne et Paris chez les sœurs, Janine Niepce en sort… pour entrer dans la Résistance. " Ensuite, s’amuse-t-elle, j’ai épousé mon colonel qui était jeune et beau. " De Claude Jaeger, producteur de cinéma, elle a un fils en 1946. Elle divorce sept plus tard pour épouser un réalisateur, Serge Roullet (dont elle se sépare également, après vingt ans) : " J’étais vouée aux cinéastes et aux protestants ! "

Pendant ses d’études d’art et d’archéologie, elle se passionne pour la photographie : dès 1946, elle entame une véritable carrière professionnelle, en indépendante, hors presse, hors clans, et témoigne sur tout ce qui est nouveau et sur ce qui disparait " Le seul qui m’ait donné des conseils judicieux, pour être reporter, c’est Henri Cartier-Bresson. Il m’a dit qu’il fallait être dehors, de me décharger des travaux techniques sur un laboratoire et d’avoir une agence ". En 1955, elle entre ainsi chez Rapho, parce qu’ils travaillaient beaucoup sur la France. Avec mon fils, je savais que je ne pouvais pas me lancer dans des voyages lointains. "

Les photos de Janine Niepce, beaucoup diffusées par le ministère des Affaires étrangères et par la presse internationale, ont pourtant largement contribué, hors frontières, à construire l’image de la France de la deuxième moitié du XXe siècle. Dans l’Hexagone même, on entretient souvent d’elle la vision stéréotypée d’une photographe humaniste, à la Doisneau, qui a pas mal œuvré, en noir et blanc, sur les femmes… Les photos de Janine Niepce retracent cinquante ans d’évolution de la condition féminine. Elle a publié seize livres de photos.

Dès les années ‘50, elle participe à la Maternité Heureuse, aux débuts du MFPF (planning familial), à l’UFF, et de nombreuses associations féministes comme Choisir, ou l’Assemblée des Femmes prenant de nombreuses photos pour ces associations.

A la mort de son fils (disparu dans un accident de montagne), c’est la photo qui la sauve du désespoir.

En 1985, elle est nommée chevalier de la Légion d’Honneur.

En 1992 elle publie " France " préfacé par M. Duras, en 93 " Les années femmes " avec les interview d’Anne Sinclair, Simone Veil, Elisabeth Badinter, Ines de la Fressange, en 94 " Mes années campagne ", préface de Michelet, en 95 " Images d’une vie " texte et photos de Janine Niepce

En 1997 après s’être cassé la jambe, il y a trois ans, elle en profite pour sortir Douze Vies et leurs secrets, un recueil de nouvelles inspirées d’histoires vraies, recueillies pendant ses reportages.

 

Sources : Ange-Dominique Bouzet (envoyée spéciale à Perpignan) " Maligne Janine Niepce ", Libération, 6 septembre 2000. Entretien par Evelyne Diebolt.

Auteure de la biographie : Evelyne Diebolt.