Marie-Thérèse Cheroutre
(1924)
Née le 17 mai en 1924 à Sète. Ses racines géographiques sont doubles, à la fois nordiques et méditerranéennes. Ses parents sont en effet originaires de Bailleul, dans la Flandre française. Mais son père, officier, est rapidement nommé à Sète et fera sa carrière dans les colonies. Il s'établit à Sète avec sa famille de cinq enfants. C'est là qu'elle fait ses études primaires et secondaires. Elle entre chez les Guides-de-France à l'âge de 16 ans sur un choix délibéré. Ce premier engagement marque tous ses choix futurs.
Elle fait des études de philosophie à la faculté des lettres de Montpellier. Elle obtient un diplôme d'études supérieures de philosophie et une licence de psychologie. Son diplôme d'agrégation porte sur le thème Psychanalyse et éducation, et le professeur Lafon, psychiatre et fondateur de l'Ecole d'éducateurs de Montpellier, fait partie de son jury. Elle commence à enseigner la philosophie à Montpellier.
De 1953 à 1979, elle est Commissaire générale des Guides-de-France. Assez vite elle représente les Guides-de-France dans les instances de concertation entre mouvements, où elle côtoie régulièrement d'autres responsables nationaux, tout autant de tendance confessionnelle ou de tendance laïque tels : P. François (Eclaireurs-de-France), M. Rigal (Scouts-de-France), ou M. Cayron (OCCAJ), P. Mauroy (Léo Lagrange), L. Trichaud (FFMJC puis UNIREG)... Elle est présidente du Conseil français des mouvements de jeunesse, elle est une des fondatrices du GEROJEP en 1958, puis 10 ans plus tard, elle est au FIAP avec ceux qui sont à l'origine du CNAJEP. Elle est membre du Haut-comité de la Jeunesse relancé par M. Herzog et garde un souvenir très positif de la concertation entre Etat et mouvements à cette période.
De 1983 à 1990, elle est vice-présidente du Conseil national de la vie associative (CNVA) et de 1984 à 1993, elle est membre du Conseil économique et social (CES) et présidente du groupe des Associations.
Elle rédige dans cette période deux rapports pour le CES : en juin 1989 Essor et avenir du bénévolat, facteur d'amélioration de la qualité de la vie et en février 1993 Exercice et développement de la vie associative dans le cadre de la loi 1901.
Les relations internationales l'ont toujours intéressée. Elle participe à de nombreux congrès internationaux (dont plusieurs de la WAY), elle s'implique dans les structures européennes pour la jeunesse, où elle joue en quelque sorte le rôle d'ambassadrice des mouvements français. Elle est administrateur de l'Office franco-allemand de la Jeunesse, et représentante de l'Association mondiale des Guides et Eclaireuses au Conseil de l'Europe et aux Communautés européennes.
Plus récemment, elle s'est investie dans une recherche pluri-disciplinaire du CNRS pilotée par G. Cholvy et participe à des publications sur l'histoire du scoutisme. Elle fait actuellement une thèse d'histoire sur le scoutisme au féminin.
C'est une "politique", qui s'est située avec une certaine aisance dans les relations d'alliance et de pouvoir entre mouvements de diverses obédiences, qu'elles soient politiques, confessionnelles ou pédagogiques. Elle reste convaincue, quels que soient les gouvernements, de l'importance des mouvements de jeunesse et d'éducation populaire dans les enjeux de société. Depuis de longues années elle participe à la réflexion sur les politiques de la jeunesse et montre toujours la même vigilance dans son analyse des rapports entre associations et Etat.
Sources:
Entretiens. - Note biographique rédigée par M-T. Cheroutre
pour le Conseil économique et social en 1994. - Notice biographique, dans Le
scoutisme et la rééducation dans l'immédiat après-guerre : lune de miel
sans lendemain ?, sous la direction de M. Gardet et F. Tétard, Document de l'INJEP,
21, Marly-le-Roi, juin 1995 (dans cet ouvrage, l'ar‚ticle de M-T. Cheroutre
a pour titre : Ouvrir les portes : le scoutisme au féminin).
Auteur
de la biographie : Françoise Tétard, extrait de: Geneviève
Poujol et Madeleine Romer, Dictionnaire des militants, de l'éducation
populaire à l'action culturelle, Paris, L'Harmattan, 1996.
Voir la notice développée dans le livre d’Evelyne Diebolt (dir.), Militer au XXe siècle. Femmes, féminismes, Eglises et société. Paris, Michel Houdiard éditeur, 2009.