Marthe Gallet
(1914)
Née à Saint-Nazaire le 3 novembre 1914, Marthe Gallet, née Robert, perd très tôt son père qui exerçait la profession de douanier. Sa mère doit alors effectuer des ménages et de la couture pour élever ses deux filles et c'est grâce à une bourse que Marthe Robert, marquée par la guerre, poursuit ses études à l'Ecole primaire supérieure puis, de seize à dix-neuf ans, à l'Ecole normale d'institutrices.
Ses grands-parents maternels sont des républicains de gauche, mais ses propres parents ne militent pas. Elle-même, à la sortie de l'Ecole normale en 1933, ignore tout de la politique et du syndicalisme, dont les horizons lui sont ouverts par sa rencontre avec un groupe des Jeunes de l'enseignement, proche du Parti communiste. Elle milite dans ce groupe nantais.
Institutrice de 1934 à sa retraite en 1967, elle exerce son métier dans la proche région nazairienne, puis à Saint-Nazaire à partir de 1947. Elle milite au Syndicat national des instituteurs dès 1934 mais, tout en s'occupant après-guerre de sa reconstitution, n'y est pas très engagée. Elle consacre en effet la plus grande partie de son activité militante aux organisations féminines du Parti communiste, auquel elle adhère en 1934. Elle milite d'abord aux Jeunesses communistes, puis à l'Union des jeunes filles de France lors de sa création en 1936. Elle assure la responsabilité du groupe local, tout en devenant secrétaire départementale la même année. Elle y découvre, dit-elle, l'immensité et l'intérêt du travail à réaliser parmi les femmes. L'UJFF nazairienne, au sein du Comité d'aide à l'Espagne républicaine, s'occupe de la solidarité matérielle. Marthe Robert est profondément marquée par la guerre d'Espagne, et ces premières activités militantes l'engagent de façon durable sur les questions de la paix. Epousant en 1937 Frédéric Gallet, également instituteur, elle milite alors au groupe nazairien du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme, où elle assure plus particulièrement ce qui se rapporte à la situation internationale.
Durant la guerre de 1939-1945, elle se maintient en contact avec le PCF, assurant un travail de liaison. Figurant sur une liste de suspects en raison de ses activités communistes d'avant-guerre, elle est arrêtée en 1942 par la police française, internée à la prison de Saint-Nazaire, puis à Gaillon, dans l'Eure, et enfin dans un camp près de Tours au printemps 1943. Elle-même et trois camarades échouent dans une tentative d'évasion qui les fait condamner comme droits communs. Elles sont transférées à la caserne des Tourelles à Paris, d'où une évasion, cette fois réussie, est organisée par les responsables du Parti communiste en liaison avec l'ex. térieur, le 20 février 1944. Ayant milité parmi les femmes, Marthe Gallet devait rejoindre les Comités féminins de la Résistance en région parisienne, mais le contact est perdu et elle devient l'agent de liaison Michèle.
De retour en Loire-Inférieure en septembre 1944, elle retrouve d'abord sa petite fille, élevée par ses grands-parents depuis son arrestation, puis en 1945 son mari, prisonnier de guerre, qui avait été repris après une tentative d'évasion. La Poche de Saint-Nazaire n'étant pas encore libérée, Marthe Gallet participe, à Nantes, à l'aide aux FFI, puis à la structuration de l'Union des femmes françaises départementale, et à la création de l'UFF nazairienne dès l'ouverture de la Poche, en mai 1945. Elle en assume le secrétariat de 1945 à 1967, puis la présidence, y consacrant la plus grande part de son activité militante. Entre autres, c'est dans ce cadre qu'elle est en 1948 secrétaire du Comité d'accueil aux enfants des mineurs du nord en grève. Elle milite parallèlement au Parti communiste ; celui-ci, aux élections municipales de septembre 1945, présente cinq hommes et cinq femmes dont Marthe Gallet. Le PCF présente également sa candidature aux élections législatives du 2 juin 1946, seule femme parmi huit candidats, en seconde position derrière Henri Gouge qui sera élu. Membre du bureau fédéral à la Libération, elle participe au Comité fédéral du PCF de Loire-Inférieure de 1945 à 1960.
Son mari s'engage aussi activement, au Syndicat national des instituteurs, à l'Amicale laïque et au PCF, mais ils réussissent à concilier leurs activités réciproques, alternant les horaires de réunions, se faisant aider pour les tâches ménagères et la garde des enfants.
Auteur de la biographie : Dominique LOISEAU, Femmes et militantismes, Paris, L'Harmattan, Logiques Sociales, 1996.