Marie Diémer

(1877-1938)

Née le 11 septembre 1877 à Epinal (Vosges), décédée le 3 juin 1938 à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Marie Diémer voit le jour dans une famille protestante originaire de Wengen qui a émigré d'Alsace après 1871. Jusqu'à seize ans, elle habite Epinal et se sent lorraine de cœur, son père est notaire à Epinal, puis administrateur de l'Agence Fournier à Paris. Sa mère née Suzanne Thorens, est apparentée à Daniel Dollfus fondateur en 1802 de Dollfus-Mieg et Cie de Mulhouse et aux Kœchlin. Marie Diémer a une sœur Marguerite. Dès son enfance, elle s'interroge sur la religion. Passionnée par les questions religieuses, elle se consacre pendant sept ans à l'étude des religions anciennes, des philosophies, des mystiques et de l'ethnologie. C'est à cette période de sa vie qu'elle accomplit une œuvre littéraire. Elle écrit : La légende dorée de l'Alsace, pièce jouée à Lyon et couronnée par l'Académie française ; puis deux romans : Maître Josias et Anne-Marie. Elle collabore à plusieurs revues, publiant poèmes et articles d'histoire, et voyage en Angleterre et Italie. Cette pratique de l'écrit et de la poésie lui sert par la suite pour diverses activités comme mettre au point les règlements et manuels des Eclaireuses, ainsi Le livre de la forêt bleue ou Le carnet de la cheftaine ; ou encore pour préparer des rapports, rédiger des articles dans les revues scoutes ou répondre au courrier du lecteur.

En 1913, elle participe au Conseil international des femmes et constate le retard en France en matière d'hygiène et de prophylaxie. Dorénavant, elle se consacre à l'action et l'éducation sociale. En 1913-1914, elle participe à la création de l'Association des infirmières visiteuses de France (AIV) avec Mme de Ganay et Renée de Montmort. En 1916, elle est à la fondation des logements Sanatoria puis des premiers cours anti-tuberculeux à Laennec. De 1914 à 1918, elle est membre du Comité central de L'Effort féminin. Elle donne une part de son activité à la Fraternité franco-américaine et collabore ensuite avec la Croix-Rouge américaine qui lui demande d'organiser des cours pour former les visiteuses de l'enfance. En 1917, elle conçoit les surintendantes d'usines avec Renée de Montmort, Marie Routtier, Mme Edouard Henriette Viollet et Cécile Brunschvicg dont elle est devenue Secrétaire adjointe en 1925. En 1918, elle s'occupe de la fondation d'une des premières écoles sociales en France : Pro Gallia, qui devint l'école d'action sociale de la Résidence de Levallois-Perret en 1929. à cette date, elle dirigeait l'école avec Apolline de Gourlet.

En 1920-1922, elle découvre le scoutisme, d'abord à l'Union de la rue de Naples avec Renée de Montmort. Au Jamboree de 1922, elle parle des 'Gardiennes de la France', une association fondée un an auparavant et qui est en quelque sorte un ordre chevaleresque pour les femmes de toutes confessions. Elle participe aussi à l'équipe de fondation des Guides-de-France avec Albertine Duhamel et Renée de Montmort. Peu après en 1924, elle se convertit au catholicisme. En 1934, elle reçoit la Légion d'honneur, événement que rapporte Le Christianisme au XXe siècle.

Au décès de Marie-Jeanne Bassot, Marie Diémer assume le secrétariat général de la Résidence sociale à Levallois-Perret jusqu'en 1937. Dix ans plus tôt, elles ont ensemble présenté un rapport sur les centres sociaux au congrès du mouvement du Redressement français. Marie Diémer est membre du Conseil supérieur de l'éducation physique, nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1934, en qualité de vice-présidente du Conseil d'administration de L'Ecole d'action sociale, école dont elle s'occupe à la Résidence sociale de Levallois-Perret.

Sources : Sylvie Fayet-Scribe, La résidence sociale de Levallois-Perret, Tpoulouse, ERES, 1990.

Auteur de la biographie : Sylvie Fayet-Scribe, extrait de : Geneviève Poujol, extrait de: Geneviève Poujol et Madeleine Romer, Dictionnaire des militants, de l'éducation populaire à l'action culturelle, Paris, L'Harmattan, 1996.