Thérèse Matter

(1887-1975)

Fondatrice et directrice d’une association sanitaire

 

Née à Rouen, fille d’Albert Étienne Matter, et de Cécile Besselière. Elle arrive à 24 ans à l’école de la Maison de santé protestante de Bordeaux (MSP), venant de Paris. Elle a obtenu un brevet simple et s’est arrêtée l’année du baccalauréat. Elle y étudie du 30 septembre 1911 au 3 septembre 1913. Elle est affectée dans divers hôpitaux militaires jusqu’en 1918. Une grande amitié unie quatre élèves de la MSP : Thérèse Matter, Alice Bianquis, éva Durrleman et Madeleine Rives. Elles décident de fonder un hôpital-école pour former des infirmières après guerre. Elles ont envie d’ouvrir cet hôpital dans une région particulièrement dévastée. Le Nord de la France les attire. Le pasteur Nick, de Fives-Lille, leur trouve trois grands bâtiments Rue Saint-Maur, devenue par la suite avenue Émile Zola, à Lille. Elles réussissent à réunir les fonds pour les acheter et pour ouvrir un hôpital qui est inauguré le 18 novembre 1923. Avec éva Durrleman, elles assurent la direction de l’établissement, qui va accueillir et former de nombreuses générations d’infirmières.

Les débuts sont modestes : deux cheftaines protestantes sont engagées, Léa Ménard et Hélène Lavignotte. L’hôpital est vite connu et les patients affluent. L’École inscrit de nouvelles élèves. Mlle Ruth Coste et Mlle Nusselé sont engagées. Thérèse Matter prend en charge la bonne gestion de l’institution et son expansion. Éva Durrleman est présente dans les services, vérifie si tous les soins ont bien été donnés et souvent fait les anesthésies des opérés. En 1928 le conseil d’administration et les directrices décident de construire un internat. Elles sont chargées d’établir un plan et un devis détaillé avec l’architecte. Thérèse Matter, surmenée, contracte un début d’infection pulmonaire. Elle part passer l’année 1930, à Leysin, en Suisse.

Le 18 novembre 1933, l’inauguration de l’internat rassemble les familles Durrleman, Matter, Fallot, Escande, Ménard, Neu, et les membres du conseil d’administration, des collaborateurs, des anciens malades, des paroissiens du pasteur Nick et des pasteurs de Lille Pierre Bosc et Julien Alizon. Anna Hamilton fait le voyage de Bordeaux pour y assister.

L’Hôpital-école continue son expansion. En 1938, les directives du ministère consternent les directrices. Éva Durrleman se rend à Paris pour faire changer ces dispositions, mais, en vain. Elles décident de continuer à équilibrer les programmes comme elles l’ont toujours fait.

L’Hôpital-école Ambroise-Paré est le seul hôpital-école à avoir été fondé, en France, selon les conceptions du Dr Anna Hamilton.

 

Sources : DIEBOLT Évelyne, La Maison de Santé protestante de Bordeaux (1863-1934), Vers une conception novatrice des soins et de l'hôpital. Préface de Jacques Ellul, Toulouse, ERES, 1990. DIEBOLT Évelyne, LAURANT Jean-Pierre, Anne Morgan, une Américaine en Soissonnais (1917-1953). De la reconstruction des régions dévastées à l'action sociale, Soissons, publié par l'association Anne Morgan, 1990. Diebolt Évelyne, Femmes protestantes faces aux politiques de santé publique 1900-1939, in Bulletin de la société de l’histoire du protestantisme français (BHSP), Tome 146, mars 2000, p. 91-132.

Auteur de la bibliographie : Évelyne DIEBOLT