Isabelle Brisset
(1924-1991)
Née en 1924 à Sarzeau, dans le Morbihan, aînée d'une famille de quatre enfants, Isabelle Brisset arrive à Saint-Nazaire à treize ans, en 1937. Sa mère travaille avec son père, artisan couvreur, et aucun des deux ne se sent concerné par les luttes ouvrières. Deux ans plus tard, elle adhère à la JOCF, non, dit-elle, par conviction, mais pour y côtoyer celui qui sera son mari, à ce moment militant jociste. Elle obtient son Brevet élémentaire (enseignement privé) en 1940 et occupe immédiatement un emploi d'institutrice, de 1940 à 1942, puis d'employée aux Assurances sociales lorsque Saint-Nazaire est évacuée (à Vannes de 1942 à 1944 puis un an à Paris, après son mariage en 1944).
De retour à Saint-Nazaire pour accoucher de sa première fille, elle ne reprendra pas d'activité salariée, sauf des remplacements ponctuels d'institutrice de 1962 à 1968 ; elle et son mari partagent l'idéologie jociste de la femme au foyer et lorsque ses trois enfants seront plus grands, Isabelle Brisset est trop investie dans l'APF pour envisager de réduire son militantisme.
En effet, alors qu'elle y est entrée un peu par hasard, la JOCF l'intéresse, ainsi que le militantisme. Son mari, outilleur à la Snias (puis chrono-analyseur et enfin chef du "groupe méthodes") est d'ailleurs très engagé sur le plan syndical nazairien : délégué CFTC puis CFDT, membre du conseil syndical et de la commission exécutive de 1946 à 1958.
La participation au congrès de 1946 du Mouvement populaire des familles, à l'invitation du Père Foucher, aumônier des oeuvres ouvrières de Saint-Nazaire, la convainc de l'intérêt du mouvement familial, et elle devient très vite partie prenante des Associations familiales ouvrières, puis de PAPF à partir de sa création en 1951. En même temps, elle participe avec son mari à l'Action catholique ouvrière.
Isabelle Brisset entre au conseil d'administration APF à partir de 1956 environ, et ne le quitte plus : elle est secrétaire adjointe, membre du bureau, vice-présidente, et enfin la première présidente de PAPF nazairienne en 1972, le poste étant jusqu'à ce moment toujours tenu par des hommes. Elle milite par ailleurs au Mouvement de libération ouvrière, est membre du conseil national APF durant neuf ans, à partir de 1966 ; elle y impulse la mise en place d'une commission nationale Femmes chefs de famille, s'appuyant sur l'expérience nazairienne. Au moment où, en 1975. 76, VAPF se transforme en Confédération syndicale du cadre de vie, Isabelle Brisset est depuis dix ans vice-présidente de l'association départementale.
Elle rencontre peu de difficultés vis-à-vis de son mari pour militer mais, le cas échéant, affirme sa volonté de poursuivre son engagement.
Lorsque le MLO disparaît, elle adhère au PSU, avec une partie du noyau militant APF. Elle y trouve un approfondissement de la réflexion, un enrichissement théorique, mais son investissement prioritaire demeure l'APF-CSCV. Il en est de même lors. qu'elle entre au Parti socialiste en 1974, avec les rocardiens du PSU. C'est seulement en 1989 qu'elle décide de s'engager au sein de l'équipe municipale socialiste, mais, atteinte d'une leucémie, elle n'a pas le temps de commencer un réel travail et décède en 1991.
Auteur de la biographie : Dominique LOISEAU, Femmes et militantismes, Paris, L'Harmattan, Logiques Sociales, 1996.