Germaine Hulcoq
(1924)
Née à Amboise le 19 février 1924, elle est élevée à Saint-Nazaire car ses parents en sont originaires et reviennent y vivre. Son père, auparavant chauffeur de rivets aux Chantiers, devient traceur aux Forges de l'Ouest, puis contremaître, tandis que sa mère, non salariée, élève les trois enfants ; par contre, l'une de ses grands-mères travaille comme contremaîtresse à la SNACSO, et vante à Germaine les mérites de l'école publique, que celle-ci fréquente jusqu'à quatorze ans, soit deux ans après l'obtention du CEP. Peu convaincue par huit mois d'apprentissage en couture, elle abandonne ce secteur pour devenir, dit-elle,"bonne à tout faire" dans un café restaurant, à seize ans (elle est à ce moment membre des Pionniers du peuple ). Elle se marie un an plus tard avec un chaudronnier des Chantiers, dont elle aura sept enfants (trois avant vingt-et-un ans) ; elle n'exerce pas d'emploi après son mariage sauf, de façon très ponctuelle, des lessives et vaisselles dans l'hôtellerie.
Son père lisait la presse syndicale et était adhérent SFIO ; son mari milite également au syndicat et au PCF pendant un certain temps. Quant à elle, elle vit en 1945 près de Saint-Nazaire, dans une cité de relogement, lit "Jeunes Filles de France" puis "Femmes françaises", voudrait assister à des réunions mais ne sait comment y réussir avec ses trois jeunes enfants ; toutefois, elle participe à un rassemblement de femmes dans les années cinquante au sujet des allocations familiales, à l'appel de plusieurs organisations dont l'APF et l'UFF. Elle possède d'ailleurs durant quelques années la carte APF pour pouvoir bénéficier du service des machines à laver et se rend à plusieurs réunions et assemblées générales annuelles tout en restant membre de l'UFF. De retour à Saint-Nazaire en 1957, elle perd le contact avec l'UFF, jusqu'au moment où son fils aîné, en 61-62, risque d'être appelé à effectuer son service militaire en Algérie ; elle assiste alors à une réunion pour la paix, adhère à nouveau à l'UFF, milite sur son quartier, puis participe au bureau départemental et au bureau central de Saint-Nazaire, ainsi qu'au IXe congrès national UFF, en 1965.
Elle continue parallèlement à suivre les activités de l'association des parents d'élèves et, durant quelques temps, du Mouvement de la paix. Elle ne rencontre pas d'obstacle de la part de son mari pour militer, bien que celui-ci ait progressivement abandonné ses différents engagements ; selon elle, en militant, elle "a pris de la valeur pour lu": Par contre, aucun de ses sept enfants ne milite, et plusieurs comprennent même difficilement son investissement.
Si PUFF n'avait pas existé, elle pense qu'elle aurait milité aux APF, mais préfère PUFF à cause de sa non mixité, d'autant que son mari a tendance à être jaloux.
Sympathisante du PCF, elle souhaiterait y militer si elle était jeune, et regrette de ne pas avoir disposé du temps nécessaire pour cela. En 1980, elle a réduit son militantisme, fatiguée par les réunions du soir et les déplacements, mais participe toujours à des activités de quartier de PUFF.
Auteur de la biographie : Dominique LOISEAU, Femmes et militantismes, Paris, L'Harmattan, Logiques Sociales, 1996.