Ernestine Schlusing

(1854-1930)

 

Née le 14 décembre 1854 à Nimes, décédée le 26 février 1930. Fille de Jeanne Amélie Ausset et de Gaston Gory. Son père meurt un mois avant sa naissance et sa mère reprend alors le commerce des vins et spiritueux. Elle épouse en 1875 Henry Schlusing membre du conseil presbytéral de l'église Réformée évangélique de Marseille et de la Commission administrative du Bureau de bienfaisance de Marseille, maire-adjoint de la ville de Marseille. Il a fondé la section locale de la Ligue des droits de l'homme. Son mari étant un Dreyfusard convaincu, ils recurent à leur table Jean Jaurès et Francis de Pressensé. Il auront six enfants.

Ernestine devient veuve en 1904, elle a cinquante ans. Elle a adhéré à l'Entraide féminine, un des plus importants groupements féminins de Marseille, créé en 1915 pour porter assistance aux femmes seules. Elle a organisé une école féminine d'initiation civique et sociale pour assurer l'avenir professionnel des jeunes filles. En 1916, elle a présidé la section de lutte contre l'alcoolisme de l'Entraide féminine. Elle a créé la Maison de la jeune fille destinée à venir en aide aux prostituées. Ernestine a apporté son soutien à l'Union française pour le suffrage des femmes. Elle a fondé la section marseillaise du Conseil national des femmes françaises et fut présidente de la branche départementale des Bouches-du-Rhone du CNFF puis vice-présidente jusqu'à sa mort en 1930. Ses démarches ont abouti en 1928 à la création d'un Comité d'entente suffragiste. Elle a été le relais essentiel entre les instances parisiennes et le féminisme marseillais. Elle a été aussi membre du Consistoire de l'Eglise évangélique. Elle aurait été la première femme membre d'un conseil municipal, mais ce fait n'a pu être vérifié.

Sa fille Jane épousera le pasteur Jacques Pannier et deviendra Présidente des UCJF de 1931 à1944. Sa fille Paule épousera le pasteur Edouard Bruston, Son fils Emile Schlusing deviendra négociant à Marseille et le trésorier de la Mission de Marseille dirigée par Ruben Saillens. Sa fille Renée a épousé l'industriel Gustave Keller, infirmière Croix-Rouge, elle a fondé et dirigé trois hopitaux à Marseille pendant le guerre 1914-18.

Son beau-père Emile Schlusing membre de l'Eglise de Marseille, était apotre de la Ligue pour le relèvement de la moralité, au comité de patronage des UCJG de Marseille, à la Mission populaire évangélique et fondateur de la Société protestante de prévoyance et de secours mutuel en 1877. Adhérent à l'APEQS en 1890.

Sources : Eric Bungener, Filiations protestantes, Editions familiales, Vol. et II, France, 1997. - Arnaud Masson in Les Marseillaises, Edisud, 1999.

Auteur de la biographie : Geneviève Poujol, extrait de: Livre à paraître.