Jeanne Chaton

(1899-1989)

Membre de l'Association française des femmes diplômées des universités (AFFDU)

 

Elle est née à Arnaville (Lorraine) le 10 novembre 1899. Sa mère, fille de fermier lorrain a huit enfants et vit avec son beau-père, officier de l’armée française. Orpheline de sa mère à cinq ans, Jeanne est donc élevée par ses grands-parents et son père qui voyage beaucoup. À huit ans, elle s’évade d’une pension religieuse puis poursuit ses études à l’école primaire publique.

Lors de l’occupation allemande de la Première Guerre, elle est déportée aux travaux forcés en Allemagne, échangée contre une prisonnière allemande, elle revient en 1918 et reçoit la médaille de la reconnaissance française.
Elle entre à l’École nationale supérieure de Sèvres après la guerre. Elle est diplômée de sciences politiques en 1924, licenciée en philosophie en 1927 et diplômée de l’Ecole du Louvre. Elle obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire en 1923. Reçue première à l’agrégation d’histoire, elle enseigne à Paris jusqu’en 1965. Elle écrit divers articles sur les femmes dans des revues françaises, anglaises et américaines entre 1948 et 1976 et fait des conférences.

Elle œuvre à la réconciliation franco-allemande, qu’elle considère comme le seul moyen d’éviter une nouvelle guerre. Elle milite pour la paix à l’Union mondiale pour la concorde internationale et au parti de Gustav Stresemann " Fraternité – Réconciliation ", tout en travaillant bénévolement pour Albert Thomas au BIT et pour Edouard Herriot à la SDN. Prenant part à la vie politique, elle s’oriente vers une action destinée à résoudre les problèmes des femmes, œuvrant à la fois dans les organisations internationales et dans les organisations féminines. A l’Unesco, elle sera consultante pour l’éducation des femmes et y développera son intérêt pour les pays étrangers, en particulier pour le Liban et l’Afrique. Remplaçant Marie-Hélène Lefaucheux après son décès accidentel, Jeanne Chaton représente le gouvernement français à la commission du statut de la femme des Nations Unies de 1965 à 1975.

Elle est vice-présidente, puis présidente du comité des ONG auprès de l’Unesco. Elle est également vice-présidente du CILAF et membre du Comité du Conseil national des femmes françaises (CNFF). Elle préside la Commission éducation et culture de l’Association internationale des femmes des professions libérations et commerciales. Elle est membre du comité du travail féminin du ministère du travail.

Elle entre à l’Association des Françaises diplômées des universités en 1945, sa marraine fut Madeleine Cazamian. Elle est secrétaire générale de 1945 à 1947. Elle est vice-présidente de la Fédération internationale des femmes diplômées des universités de 1947 à 1953, présidente du groupe Afdu de Paris en 1953, présidente de la Commission des relations culturelles de la Fédération international des femmes diplômées des universités de 1953 à 1956, vice-présidente de la Fédération international des femmes diplômées des universités de 1947 à 1953, puis présidente et enfin présidente honoraire de 1956 à 1962. Elle reste fidèle à l’Afdu, cherchant des solutions financières aux besoins récurrents de l’association française. On lui doit le financement des "Currier " par l’intermédiaire de Dorothy Leet. Elle ne cesse d’encourager et d’aider les jeunes filles à faire des études, particulièrement à Sèvres. Elle encourage aussi les garçons et permet à des jeunes, filles et garçons, d’obtenir des bourses (Fédération international des femmes diplômées des universités, Unesco…) aussi bien en France qu’à l’étranger. Elle fait partie des commissions : des bourses, des publications et des femmes de l’Afdu.

Distinctions : médaille de la reconnaissance française (1921), croix de Victor-Emmanuel d’Italie (1922), médaille de la Pologne restituta (1930), médaille d’officier de l’instruction publique (1938), Chevalier puis officier de la Légion d’honneur (1947, 1976), médaille de la Résistance (1947), docteur honoris causa de l’université de Brisbane (Australie), Chevalier de l’ordre du cèdre du Liban (1959).

Sources : Fiche adhŽrente, AN CAC Fontainebleau, Affdu, cote 102 AS. Chaperon, 1996, p. 738. RenŽe GŽrard, in RenŽe GŽrard, Nicole FouchŽ, " Soixante-quinze ans d'histoire de l'Affdu ", DiplômŽes, 1997, p. LXIV. Corine Konrad, " Jeanne Chaton, 1899-1989 : une vie consacrŽe ˆ l'ŽgalitŽ, au dŽveloppement et ˆ la paix ", DiplômŽes, pp. 45-54 (contient la bibliographie de Jeanne Chaton). Fonds Chaton, Bibliothque Marguerite Durand, Paris.

Auteure : RenŽe GŽrard.