Cécile Grunebaum-Ballin
(1882-1983)
Elle se consacra de 1933 à 1940 au Centre Laïque des Auberges de Jeunesse (CLAJ) dont elle est la Secrétaire générale. Son influence est très importante sur les jeunes qu'elle aimait et qu'elle n'hésitait pas à côtoyer dans les auberges de jeunesse.
Née en 1882, décédée à Paris le 30 janvier 198. Elle est une des filles du Colonel Mayer qui a été aide de camp du maréchal Foch Elle épouse en 1903 Paul Grunebaum-Ballin alors au Conseil d'Etat. Femme active, dès 1910, elle entraîne son mari dans le mouvement pour le logement populaire avec H. Sellier, l'un des promoteurs, à partir du 1911, du mouvement des Habitations à bon marché. Elle est infirmière pendant la Première Guerre mondiale.
Le 20 août 1932 a lieu à la Journée d'espérance animée par M. Sangnier sur le thème de l'art et de la paix. Hossegor étant le lieu de villégiature des Grunebaum-Ballin. Son mari assiste à la manifestation et revient enthousiaste chez lui avec des prospectus sur les auberges de jeunesse créées dès 1929 en France sous l'égide de M. Sangnier. Il imagine aussitôt la force de cette action si on y joignait la Ligue de l'Enseignement, le Syndicat national des Instituteurs (SNI) et la CGT. C. Grunebaum-Ballin sut aussitôt qu'elle s'occuperait de cette organisation pour en faire une force vive de la nation. Sans tarder, elle prend contact avec M. Sangnier. Les pourparlers durent sept mois, mais il ne leur est pas possible de s'entendre : deux forces sont en jeu, et l'incompré‚hension réciproque est totale entre les laïques regroupés autour de C. Grunebaum-Ballin et les confessionnels autour de M. Sangnier. 'En ce qui concerne M. Sangnier, sa religiosité n'a pu s'accom‚moder de notre laïcité ou vice versa', a-t-elle déclaré, évitant ainsi de rejeter la faute dans l'un ou l'autre camp. Mais il n'est pas possible de créer une association unique. Cette situation se perpétue jusqu'à nos jours.
Le 9 juin 1933 est donc créé le CLAJ avec comme président G. Lapierre - son mandat venant à expiration en janvier 1938, il est remplacé par Léo Lagrange - avec comme secrétaire générale C. Grunebaum-Ballin. Le comité d'administration comporte des représentants de la CGT, de la Fédération générale de l'Enseignement, de la Ligue de l'Enseignement, du SNI, de la Fédération des municipalités socialistes, de l'Union des villes, des Amis de l'enfance ouvrière (ou Faucons rouges), du Cercle universitaire international. C. Grunebaum-Ballin parle avec une joie profonde de l'appréciation de L. Blum, son cousin et ami, au sujet de son action aux auberges de jeunesse : 'Vous rendez-vous compte, Cécette, de la chance que vous avez d'avoir entrepris quelque chose et d'avoir réussi?'.
Les auberges de jeunesse d'avant-guerre, du CLAJ comme de la LFAJ, ont une valeur d'anticipation au regard de la vie sociale, politique et culturelle de la France qu'elles ont contribué à modifier. C Grunebaum-Ballin y imprima son humanisme sensible. Son action dépasse le domaine des auberges. Elle prend la parole à Radio-Paris le 26 décembre 1936 pour faire l'éloge du mouvement scout d'un point de vue éducatif, physique et moral.
Sources : L. Blum, L'œuvre de Léon Blum, 1940-1945, Mémoires, La Prison et le procès, A l'échelle humaine, Albin Michel, 1955. - L. Heller-Goldenberg, Histoire des Auberges de Jeunesse en France des origines à la Libération, 1929-1945, vol. I, Publication de l'université de Nice, 1985. - Dictionnaire de biographie française.
Auteur de la biographie : Lucette Heller-Goldenberg, extrait de: Geneviève Poujol et Madeleine Romer, Dictionnaire des militants, de l'éducation populaire à l'action culturelle, Paris, L'Harmattan, 1996.