Véronique BUSSON

(1955-)

Représentante de la Coordination pour le travail volontaire des jeunes

 

Véronique Busson naît, le 12 avril 1955, dans une famille parisienne de quatre enfants. Elle est la seconde, elle a deux sœurs et un frère. Refusant de partir en Allemagne pour le Service de Travail Obligatoire (STO), son père rejoint la Résistance en 1943 (maquis du Haut-Jura). Après la guerre, il intègre la première promotion de l’ENA (France combattante 1946-1947). Administrateur civil du ministère des Finances, son premier poste est en Algérie. En 1959, il a de nouveau un poste en Algérie et s’installe à Alger avec sa famille. Véronique Busson a vécu deux ans en Algérie avant de revenir en France en 1962.
Ses parents ont tous les deux des engagements bénévoles, mais dans des secteurs différents. Sa mère s’occupe principalement de soutien scolaire. Elle anime du soutien scolaire bénévole, sans être réellement engagée dans une association particulière.

Son père est engagé dans l’ACI (Action catholique des milieux indépendants) et au CCFD.

Véronique Busson fait toutes ses études secondaires dans un lycée public de filles.
À partir de l’âge de quinze ans, elle passe chaque année une partie des vacances scolaires avec des groupes (filles et garçons) et participe à des camps pour aider des familles dans le Morvan. Les rôles sont alors bien marqués : les jeunes filles s’occupent des enfants et les jeunes hommes participent aux travaux des champs.
Par la suite, elle découvre les Chantiers internationaux. En France comme à l’étranger, ces chantiers regroupent des jeunes de différentes origines et nationalités. Garçons et filles participent de la même manière aux travaux et à la vie quotidienne (préparation des repas, vaisselle, ménage…).

Après le baccalauréat, elle s’oriente vers une formation d’éducatrice spécialisée et obtient le diplôme d’État en 1978. Elle souhaite alors compléter son expérience avant de s’engager dans la vie professionnelle : elle continue des études de psychologie.
Elle s’implique rapidement dans différentes activités : revue associative, réunions nationales et internationales, participation à des groupes de travail. Elle est encouragée à prendre des responsabilités, notamment par des femmes “ permanentes-militantes ” qui lui font confiance.

Entre 1979 et 1986, elle participe aux actions de différentes associations (secouriste à la Croix-Rouge ; stages et missions avec l’Action d’urgence internationale (AUI) ; animation de chantiers et différentes activités avec le Service civil international (SCI)). Elle est aussi élue dans des instances, dans des conseils d’administration, des comités exécutifs, et, en 1987, en tant que présidente du SCI, branche française de l’AUI.

C’est dans ces fonctions de responsable associative bénévole qu’elle est amenée à se former sur le terrain dans différents domaines administratifs, juridiques, financiers, gestion du personnel, animation de réunions, rédaction de documents, et à participer à des rencontres et réunions avec d’autres associations, des coordinations, des instances de concertation avec les pouvoirs publics.

Le SCI est membre de Cotravaux. Elle commence à participer à des réunions et à s’investir dans le travail de coordination, notamment dans le domaine des relations internationales et du volontariat. Chantal Debry est alors présidente de Cotravaux.
En 1992, face à la situation en ex-Yougoslavie, les associations réunies à Cotravaux ont souhaité soutenir les partenaires qui, localement, s’engageaient dans des actions de reconstruction sociale et de solidarité. Les mouvements internationaux avaient engagé des contacts et, dès l’été 1992, le SCI avait envoyé des volontaires participer à des chantiers organisés par le Centre pour la Paix de Zagreb dans les camps de réfugiés en Croatie (notamment, animation auprès des enfants réfugiés).
Forte de l’expérience du SCI, elle propose à Cotravaux de coordonner et développer des actions inter-associatives : échanges d’information ; contacts avec les réseaux en France et en ex-Yougoslavie ; organisation des formations ; coordination et suivi de l’envoi des volontaires ; recherche de financements ; évaluations. Ce projet prend de l’ampleur. Cet engagement, tout d’abord bénévole, est poursuivi dans le cadre d’un contrat salarié, lui permettant de développer les contacts et les projets, de monter et de suivre les dossiers. C’est aussi l’occasion pour elle de travailler avec des réseaux de femmes, en France avec la fédération nationale Solidarité femmes et Viviane Monnier, avec qui elle part à Zagreb pour une mission de contacts en 1994.

En 1993, elle participe à l’organisation de l’opération “ 150 jeunes solidaires avec l’Algérie ”, projet initié et soutenu par l’ambassade de France en Algérie et mis en œuvre, en France, par six associations membres de Cotravaux et, en Algérie, par deux associations partenaires qui accueillent les jeunes volontaires français sur les chantiers qu’elles organisent en Algérie.
La situation en Algérie se dégradant, en 1994 les associations accueillent en France des responsables des associations algériennes. Véronique s’implique personnellement dans ces accueils et est en contact avec différents réseaux de solidarité à Paris. C’est une nouvelle occasion de rencontrer des réseaux de femmes, françaises et algériennes, particulièrement actives et militantes. En Algérie, des associations se sont regroupées dans un comité pour développer des actions, notamment des formations. Salima Deramchi porte et préside ce comité avec la conviction que les associations doivent être une école citoyenne, un lieu d’apprentissage de la démocratie. Grâce à elle, Véronique Busson participe à des formations et des événements associatifs en Algérie à partir de 1995.

En 1996, de nouvelles perspectives semblent s’ouvrir pour le volontariat long terme, le service volontaire : Edith Cresson, commissaire responsable de l’éducation, la formation et la jeunesse à la Commission européenne, lance le Service volontaire européen pour les jeunes ; en France, le volontariat est à l’étude dans le cadre de la réforme du service national. À Cotravaux, les associations ont engagé un travail sur le volontariat long terme et se mobilisent pour participer à la réflexion sur le développement des services volontaires.

Salariée à Solidarités jeunesses, Véronique Busson est chargée de l’évaluation du programme Katimavik : chantier-formation pour des groupes internationaux de volontaires long terme (1990 - 1995).

Depuis 1996, elle est représentante de Cotravaux à la Commission armée-jeunesse, organisme consultatif placé auprès du ministre de la Défense.

En 1996, elle est chargée de la rédaction d’une étude sur Le volontariat à moyen et long terme : pratiques, réalités et perspectives dans les associations de travail volontaire regroupées dans Cotravaux. Cette étude, réalisée avec le soutien du FNDVA, est remise fin 1997.
Parallèlement, elle participe pour Cotravaux à des réunions sur la mise en place du Service volontaire européen, la réforme du service national et les volontariats civils dans différentes instances et groupes de travail (Cnajep, Commission armée-jeunesse, Conseil National de la Vie Associative (CNVA), Comité national SVE).
Elle est ainsi amenée, d’une part à porter l’expérience et les réflexions du réseau Cotravaux, d’autre part à suivre les programmes, l’évolution des textes, des projets de lois, des décrets… et à devenir une “ personne ressource ”.

En France, elle participe activement aux travaux du CNVA sur la reconnaissance des engagements volontaires (1998-2002).

En février 1999, lors des Assises nationales de la vie associative, elle intervient sur le statut du volontariat dans l’atelier sur “ La valorisation des ressources humaines dans les associations ” présidé par Jacqueline Mengin.
Elle est associée par la Délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie sociale (DIES) au travail sur la mise en place des volontariats civils de cohésion sociale et de solidarité.
Dans le domaine international, elle est sollicitée pour intervenir lors de séminaires et de rencontres et pour réaliser des documents sur la situation de service volontaire et du service civil en France :
- Contribution à l’étude réalisée par le Gouvernement autonome de Catalogne sur le service civil (1999 - 2000) ;
- Participation à la Campagne commune pour l’AIV 2001 (Année internationale des volontaires) coordonnée par le CCSVI (Comité de coordination du service volontaire international) ;
- Réalisation de documents sur la situation du volontariat en France pour AVSO (plateforme européenne d’organisations de service volontaire), actualisation des informations en 2003 pour alimenter l’étude menée conjointement par l’AVSO et le Centre européen du volontariat, sur la situation légale des volontaires dans différents pays européens.

En 2001 et 2002, elle participe aux travaux engagés par les associations de Cotravaux sur “ volontariat et lutte contre les exclusions ” et réalise un dossier Des repères, des paroles d’acteurs, des réflexions, des ressources (dossier sorti début 2003).

En 2003, Véronique Busson est présidente du Service civil international, branche française, et vice-présidente de Cotravaux.

Véronique Busson a siégé au Conseil National de la Vie Associative de 2000 à 2003 au titre de représentante de la Coordination pour le travail volontaire des jeunes.

Elle est l’auteure de nombreux articles et rapports.

 

Source : Entretiens avec Véronique Busson.

Auteure de la biographie : Evelyne Diebolt. Biographie publiée dans le livre Femmes d’action, femmes de conviction, publié par Femmes et associations en 2004.