
Alice Bianquis
(1887-1974)
Fondatrice dune association sanitaire
Née à Rouen, fille de Jean Bianquis, pasteur de lÉglise réformée, et de Lucie Dugas. Elle arrive à 23 ans à lécole de la Maison de santé protestante de Bordeaux (MSP), venant de Paris. Elle a obtenu un diplôme de fin détudes secondaires et elle a de bonnes connaissances en anglais et en allemand. Elle joue du piano et du violon. Elle y étudie du 5 novembre 1910 au 1er décembre 1912. À la déclaration de guerre, elle est affectée daoût 1914 à avril 1915 à lhôpital auxiliaire situé 35, rue de Trévise, à Paris, siège des Unions chrétiennes de jeunes gens. Puis, jusquen mars 1916, à Vittel, où elle retrouve Madeleine Rives. Ensuite, pour un mois à Bar-le-Duc. De septembre 1916 à avril 1917 à Moulins, puis de juin à octobre 1917 à Châlons-sur-Marne, où elle retrouve de nouveau Madeleine Rives. Jusquen décembre 1918, elle est affectée à 5 ambulances dont la dernière à Cuperly financée par le Comité américain des régions dévastées (CARD).
En 1919, elle épouse le pasteur Alfred Escande. Une grande amitié unie quatre élèves de la MSP : Alice Bianquis, éva Durrleman, Thérèse Matter et Madeleine Rives. Elles décident de fonder un hôpital-école pour former des infirmières après guerre. Elles ont envie douvrir cet hôpital dans une région particulièrement dévastée. Le Nord de la France les attire. Le pasteur Nick, de Fives-Lille, leur trouve trois grands bâtiments Rue Saint-Maur, devenue par la suite avenue Émile Zola, à Lille. Elles réussissent à réunir les fonds pour les acheter et pour ouvrir un hôpital qui est inauguré le 18 novembre 1923. Thérèse Matter et éva Durrleman assurent la direction de létablissement, qui va accueillir et former de nombreuses générations dinfirmières. Les débuts sont modestes : deux cheftaines protestantes sont engagées, Léa Ménard et Hélène Lavignotte. Lhôpital est vite connu et les patients affluent. LÉcole inscrit de nouvelles élèves. Le 18 novembre 1933, linauguration de linternat rassemble les familles Durrleman, Matter, Fallot, Escande, Ménard, Neu, et les membres du conseil dadministration, des collaborateurs, des anciens malades, des paroissiens du pasteur Nick et des pasteurs de Lille Pierre Bosc et Julien Alizon. Anna Hamilton fait le voyage de Bordeaux pour y assister. LHôpital-école continue son expansion. LHôpital-école Ambroise-Paré est le seul hôpital-école à avoir été fondé, en France, selon les conceptions du Dr Anna Hamilton.
Elle part avec son mari qui est pasteur dans le Poitou, puis, à partir de 1930, à Valenciennes jusquen 1952. De 1952 à 1964, il est en semi-retraite à la tête dune paroisse à Corbeil. Ils ont sept enfants : trois filles et quatre garçons, dont deux sont devenus pasteurs missionnaires en Afrique, et une de leurs filles, Lucie, est diplômée dAmbroise Paré avant dentreprendre des études de médecine.
Sources : DIEBOLT Évelyne, La Maison de Santé protestante de Bordeaux (1863-1934), Vers une conception novatrice des soins et de l'hôpital. Préface de Jacques Ellul, Toulouse, ERES, 1990. DIEBOLT Évelyne, LAURANT Jean-Pierre, Anne Morgan, une Américaine en Soissonnais (1917-1953). De la reconstruction des régions dévastées à l'action sociale, Soissons, publié par l'association Anne Morgan, 1990. Diebolt Évelyne, Femmes protestantes faces aux politiques de santé publique 1900-1939, in Bulletin de la société de lhistoire du protestantisme français (BHSP), Tome 146, mars 2000, p. 91-132.
Auteur de la bibliographie : Évelyne DIEBOLT