Suzanne Karpelès

(1890-1968)

Membre de l'Association française des femmes diplômées des universités (AFFDU)

Elle fut l’une de ces femmes exceptionnelles qui "entendirent l’appel de l’Orient " et qui s’engagèrent dans l’aventure. Parisienne, née en 1890, elle avait, enfant, accompagné ses parents pour un voyage aux Indes et en était demeurée profondément marquée. Après des études littéraires, elle se dirigea vers l’École des langues orientales dont elle fut la première femme diplômée. Elle y avait étudié le sanskrit, le pâli et le tibétain.

Professeur en Indochine, elle souffrit des malentendus que pouvaient faire naître certaines formes de colonialisme et œuvra au rapprochement des peuples par la culture et la spiritualité. Sans relâche, comme professeur, elle s’efforça de faire accéder les jeunes Orientales d’abord à l’enseignement secondaire, dans les lycées de Hanoï et Phnom Penh, puis à l’enseignement supérieur. Elle fonda deux groupes de l’Association des Françaises diplômées des universités, le groupe indochinois et le groupe siamois, qui étaient en voie d’obtenir la reconnaissance de la Fédération internationale des femmes diplômées des universités juste avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale.

Hautement respectée par les autorités civiles (roi du Cambodge et gouverneur d’Indochine) ainsi que par les autorités religieuses, elle créa, en 1925, la Bibliothèque royale du Cambodge et, en 1930, fonda et dirigea l’Institut d’études bouddhiques du Cambodge, donnant un exemple d’ouverture et de tolérance tout à fait remarquable pour l’époque.

Sources : Renée Gérard, in Renée Gérard, Nicole Fouché, " Soixante-quinze ans d’histoire de l’Affdu ", Diplômées, 1997, p. XLVIII.

Auteure : Renée Gérard.