Colette GALLARD

(1934)

Mouvement français pour le planning familial

 

Colette Gallard naît, le 25 mars 1934, à Paris dans le 13e arrondissement dans une famille parisienne dont les grands-parents sont les uns d’origine normande et les autres issus du Massif central. Elle est la quatrième enfant d’une fratrie de six (une fille aînée, deux garçons puis Colette et enfin deux filles). Son père, polytechnicien, poursuit une carrière militaire. Sa mère, musicienne amateur, s’occupe de ses enfants. La famille déménage fréquemment. C’est ainsi que Colette fréquente pendant son secondaire neuf établissements scolaires : à Aix-en-Provence, en Tunisie, à Alger. Quand elle a seize ans, la famille s’installe à Paris.

En 1952, elle passe son baccalauréat série philosophie, puis s’inscrit à une licence de droit qu’elle obtient avec succès. En parallèle, elle suit des études de psychologie.
En 1954, elle se marie avec un ingénieur centralien qui trouve un emploi au Havre, dans la Seine-maritime, puis à Paris, et donne naissance à quatre enfants (trois garçons, 1955, 1956, 1962 et une fille en 1960). En 1956, son mari est appelé en Algérie.

Elle s’occupe des problèmes de scolarisation de son plus jeune fils, qui a des problèmes de santé. Avec d’autres parents, elle essaie de faire reconnaître l’école privée spécialisée que fréquente son fils par le ministère de l’Éducation nationale ; l’école finit par être reconnue par le ministère de la Santé. Cette expérience d’action collective a été très intéressante et très intense pour elle.

Dès 1948, elle est sensibilisée aux problèmes de la contraception, lorsque certaines de ses amies sont enceintes sans l’avoir souhaité.
En 1968, elle rencontre Eléna Neubert qui la présente à Simone Iff, une des fondatrices du Planning familial. Elle accepte de s’engager dans le Planning familial de l’Essonne, région où elle réside.
De 1969 à 1971, elle suit une formation donnée par le Planning pour devenir conseillère animatrice du centre de Planning familial. Elle occupe le poste de trésorière, puis de présidente de l’association du Planning familial de l’Essonne.
En 1978, elle est nommée au bureau confédéral du Planning familial. Elle participe à l’ouverture de centres publics de planification et d’éducation familiale à Épinay-sous-Sénart, Brunoy, Ris-Orangis. Avec les municipalités, elle discute des meilleurs horaires pour que les usagères puissent consulter dans ces centres.

En 1985, dans le cadre des activités décidées par l’association du Planning familial, Colette participe à l’ouverture d’une permanence téléphonique qui est plus spécialement destinée à des femmes ayant souffert d’abus sexuels, de viols. Un numéro Vert lui est attribué par France Télécom, financé par le ministère de la Santé : Femmes viols informations se constituera en association autonome quelques années plus tard.

À partir de 1991, le Mouvement français du planning familial (MFPF) est partenaire de l’association Est-avenir, association qui fait de l’information sur la contraception et organise des sessions de formation à la vie politique pour les femmes des pays de l’est de l’Europe. Colette se rend en mission dans ces pays : quatre fois en Russie, quatre fois en Pologne, en Albanie et en Roumanie. Des personnes de ces pays sont accueillies en France pour des sessions de formation.

En juillet 1992, Colette part en mission au Zaïre pour la compagne d’information gouvernementale des “ naissances désirables ”.

Depuis 1987, elle est représentante du MFPF à l’International Planned Parenthood Federation (IPPF). L’IPPF est créé en Inde en 1952. En 1956, l’association française pour le Planning familial s’y affilie. Le siège de la région Europe est à Bruxelles. Des réunions fréquentes des représentants des pays européens permettent d’initialiser des actions coordonnées dans les différents pays européens, par exemple la lutte contre les violences faites aux femmes. L’IPPF central réunit les délégués des pays membres tous les trois ans lors d’un congrès organisé à tour de rôle dans un des pays membres. Colette se rend à ces différents congrès, très intéressants mais aussi très prenants, ajoutés aux fonctions qu’elle continue à assurer à la confédération du MFPF.

À partir de 1987, elle intervient de nombreuses fois auprès des personnels éducatifs, médicaux, paramédicaux, parents d’élèves et élèves du primaire pour une prévention des viols et agressions sexuelles sur mineur(e)s, en particulier en Seine-Saint-Denis et dans l’Essonne.

En 1993 et 1994, elle est nommée deux fois chargée de mission pour le ministère des Affaires étrangères. La première fois, elle participe à l’organisation d’un centre de formation sur les questions touchant à l’éducation sexuelle, à la contraception et à la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles en Indonésie, où viennent se former des Vietnamiens, des Cambodgiens et des Laotiens.

De 1994 à 1998, elle est élue vice-présidente de la région Europe à l’IPPF. Colette Gallard a publié nombreux articles dans la Revue de la région Europe de l’IPPF. Les articles écrits pour le MFPF ne sont pas signés.

Depuis mars 2002, elle participe à la mise en place et à l’animation d’un bus d’information, autour des questions relatives à la sexualité, pour les jeunes (la ligne 13-16) en coopération avec le Conseil général de l’Essonne et le Rectorat. Toutes les classes de 4e de seize collèges en ont bénéficié à ce jour.

Colette Gallard a siégé au Conseil National de la Vie Associative de 1996 à 2000, au titre du Mouvement français pour le planning familial.

En 1998, la légion d’Honneur lui est remise par Martine Aubry, qui la remettait le même jour à trois autres femmes, dont Anne Zelinsky. La cérémonie s’est passée au ministère de la Santé. 200 personnes étaient présentes. Pour Colette Gallard, recevoir une décoration est une reconnaissance officielle de l’importance des actions mises en place par le MFPF sur tout ce qui concerne les droits des femmes.

 

Source : Archives personnelles et entretiens.

Auteure de la biographie : Evelyne Diebolt. Biographie publiée dans le livre Femmes d’action, femmes de conviction, publié par Femmes et associations en 2004.