Dorothy Flagg Leet

(1894-1994)

Directrice de Reid Hall

Américaine de naissance et de nationalité, elle était française de cœur et d’esprit. Elle fut la " bonne fée " de l’Association des Françaises diplômées des universités, à laquelle elle apporta un soutien amical et puissant, même après son retour aux États-Unis. Après sa formation à Barnard College (Columbia University, New York), elle fit plusieurs voyages, dont un en Europe. Devenue secrétaire générale adjointe auprès de Virginia Crocheron Gildersleeve, à Barnard, elle dut s’occuper en même temps de l’administration, de l’accueil et du conseil aux étudiantes, une bonne préparation pour ses futures responsabilités.

En 1924, Virginia C. Gildersleeve lui demande de prendre la direction de Reid Hall à Paris, résidence française de l’Association américaine des femmes diplômées des universités. Dorothy Flagg Leet en fera un foyer international, un centre culturel franco-américain, accueillant, vivant, chaleureux et convivial. Elle y reçoit le siège social de l’Association des Françaises diplômées des universités et, pendant quarante ans, lui accorde sa confiance et lui assure sa protection.

En 1939, à cause de la guerre, elle doit retourner aux États-Unis. Elle y devint secrétaire de la Foreign Policy Association. Elle sillonna son pays, attirant l’attention des universités américaines sur la gravité des problèmes européens et sur leur impact mondial. Elle accueillit également des réfugiées d’Europe. Après la guerre, délaissant le confort de sa vie outre-Atlantique, elle revint à Paris, dans une Europe dévastée, pour " rebâtir " Reid Hall. Pour ce faire, elle usa de son influence auprès du comité américain de Reid Hall, et bénéficia de l’aide de Louis Joxe, nouveau conseiller aux Relations culturelles. Grâce au concours de Dorothy F. Leet, l’Association des Françaises diplômées des universités réintégra Reid Hall, où elle demeure jusqu’à ce jour.

Dorothy Flagg Leet connaissait parfaitement le milieu franco-américain. Cela lui permit de participer très efficacement au conseil d’administration de l’École américaine de Paris, au conseil exécutif du Service social international, au conseil du Collège de l’Europe libre. Elle fut la seule femme à la Commission franco-américaine (Fulbright). En 1949, lorsque la Fédération internationale des femmes diplômées des universités obtint le statut consultatif auprès de l’Unesco, elle en fut la première représentante. Elle retournait chaque année aux États-Unis, où elle était une sorte d’ambassadeur itinérant de la France, cherchant à obtenir des bourses auprès des universités de son pays.

Présidente de la Fédération internationale des femmes diplômées des universités de 1953 à 1956, elle soutint la proposition française demandant que le XIIe congrès ait lieu à Paris en 1956. En 1964, Reid Hall étant passé sous l’administration de Columbia University, Dorothy F. Leet rentre aux États-Unis où elle occupe un poste au comité américain. Grâce à elle, l’association française, qui a perdu une alliée fidèle et puissante, pourra, à partir de 1976, organiser les séminaires " Currier " et bénéficier ainsi de ressources nouvelles. L’attachement de Dorothy F. Leet pour la France fut payé de retour par de chaleureuses et nombreuses amitiés nouées dans la capitale française. Elle devint chevalière puis fut promue officier de la Légion d’honneur..

Sources : Renée Gérard, in Renée Gérard, Nicole Fouché, " Soixante-quinze ans d’histoire de l’Affdu ", Diplômées, 1997, p. XVIII.

Auteure : Renée Gérard.