Marie-Jeanne BASSOT

(1878-1935)

(Fondatrice avec M. Girault de la Résidence sociale de Levallois-Perret. elle promeut faction des centres socio-culturels en créant la Fédération des centres sociaux de France et en participant à de nombreux congrès internationaux)

Née le 22 février 1878 à Paris, décédée le 13 décembre 1935 à Levallois-Perret, troisième enfant d'une famille qui en comprend quatre. Son père Léon Bassot, issu d'une famille bourgeoise de la région de Dijon, est polytechnicien. À partir de 1900, il devient général et directeur du service géographique de l’armée. Agnostique de cœur, il a peu de goût pour la religion. Son épouse Henriette, née Droz, issue de la bourgeoisie parisienne catholique est pratiquante sans être particulièrement fervente. M-J. Bassot reçoit une éducation à domicile. Elle fait beaucoup de piano et aime la littérature. Jeune fille, elle montre une vacation religieuse, ses parents s'y opposent fermement, de même, qu'ils vont violemment contrecarrer son désir d'aller dans les "maisons sociales". Celles-ci sont dirigées depuis 1898 par M. Le Fer de la Motte, leur mission est de vivre jour et nuit en milieu ouvrier dans une maison ouverte à tous les gens du quartier, suivant ainsi le modèle des "settlemenes". Devant la détermination de leur fille à s'engager, les parents de M-J. Bassot enlèvent leur fille et décident de l'interner. M-J. Bassot réussit à se sauver et intente un procès à ses parents en mars-avril 1909 pour séquestration arbitraire. Elle le gagne, mais l'œuvre des maisons sociales a désormais mauvaise réputation et ferme ses portes.

À la rentrée d'octobre 1909, il faut réorganiser les différentes maisons sociales de Paris qui sont au nombre de cinq, M-J. Bassot prend l'initiative de mettre en place une nouvelle maison sociale en banlieue, à LevalloisPerret. Avec son amie M. Girault, elle loue un modeste logement ouvrier et commence à organiser quelques activités. Après la guerre de 14-18, grâce à l'aide de (association américaine "American women hospital", elles peuvent acquérir des bâtiments et un jardin rue Antonin Reynaud à Levallois-Perret.

M-J. Bassot organise des recherches de fonds auprès des entreprises de Levallois-Perret possédant un réel talent pour le développement du mécénat industriel (notamment grâce à M. Noblemaire, président-directeur du PLM). Elle invente ce que l'on nomme bien des années plus tard, un "équipement socio-culturel". Elle crée la salle polyvalente ! Le salon se transforme en lieu de réception le jour, accueille les cercles d'études d'adultes le soir et peut se reconvertir en garderies d'enfants en fin d'après-midi. Ainsi, un cercle d'études de parents animé par M-J. Bassot a lieu autour d'un thème en général donné par la revue Éducation, organe de la Confédération générale des familles et de l'École des parents, (créée par Mme Vérine. M-J. Bassot fonde avec M. Girault un dispensaire, puis un aérium et enfin un gymnase à multiples fins : salles de réunions, conférences, spectacles et bien sûr sports. Une bibliothèque est animée par Mlle Metge, des terrains de jeux, notamment pour le basket, et une piste de courses sont installés. Un local est aménagé pour l'école ménagère, sans compter la grande bâtisse destinée à l'école d'action sociale qui ouvre ses portes en 1929 pour former de futures résidentes et dont s'occupent A. de Gourlet et M. Diémer.

Infatigable avocate des centres sociaux, MJ. Bassot en fonde la fédération en France en 1921 avec A. de Gourlet et participe au premier congrès international des settlemenes. Féministe, elle appartient au "Soroptimist club", équivalent féminin du "Rotary club". Elle défend dans les congrès de service sociaux, une vision préventive et éducative du travail social, rêvant de créer une profession de cadres aux multiples responsabilités, ouverte à tous les problèmes. Nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1932.

Sources : S. Fayet-Scribe. Associations féminines et catholicisme; de la charité à faction sociale. XIXe-XXe siècle. Éd. Ouvrières, 1990. - S. Fayet-Scribe, La Résidence sociale de Levallois-Perret, Toulouse. £rt?s, 1990. - R-H. Guerrand. M-A. Rupp, Brève histoire du service social en France (1896-1976), Privat, 1978.

 

Auteur de la biographie : Sylvie Fayet-Scribe