
Suzanne Bastid-Basdevant
(1906-1995)
Membre de l'Association française des femmes diplômées des universités (AFFDU)
Née à Rennes en 1906, fille de Jules Basdevant, juriste de droit international, elle fut docteur en droit en 1930 et la première femme agrégée de droit public en 1932. Elle fut chef de cabinet de son mari, Paul Bastid, ministre du Commerce et de lIndustrie, en 1937, dans le deuxième cabinet Blum. Pendant la guerre, elle participa au premier organe central de la Résistance, créé par son mari sous linspiration de Jean Moulin, son élève.
Première femme à occuper une chaire dans une faculté de droit (Lyon en 1943, puis Paris en 1946), elle fut professeur à lInstitut détudes politiques de Paris pendant vingt ans et enseigna le droit international dans divers établissements de très haut niveau (La Haye, Bruges, Madrid, Genève... et même en Chine). Membre de la délégation française aux Nations unies de la 4e à la 13e session, elle appartint également, à partir de 1950, au Tribunal administratif des Nations unies, quelle présida de 1953 à 1963.
Elle fut première
vice-présidente de lInstitut de droit international et la première
femme élue à lAcadémie des sciences morales et
politiques (en 1971). Elle devint vice-présidente puis présidente
de cette dernière, respectivement en 1981 et 1982. Son action à
lUnesco fut de premier plan : vice-présidente de la commission
française, elle fut à lorigine de la procédure
mise en place, en 1975, pour lexamen des violations des droits de lhomme.
Elle avait adhéré à lAssociation des Françaises diplômées des universités en 1934 et lui était toujours restée fidèle, dabord comme présidente du groupe de Lyon puis, en 1947, comme membre du conseil dadministration. Elle joua un rôle important à la Fédération internationale des femmes diplômées des universités en laidant à définir sa politique en matière de droits de lhomme. Pour lAfdu et la Fédération internationale des femmes diplômées des universités, elle resta une conseillère toujours disponible. En dépit de ses engagements internationaux et de ses responsabilités prestigieuses, elle était demeurée attachée à son terroir et était présidente de lacadémie du Morvan, région où elle est enterrée. Elle fut commandeur de la Légion dhonneur et membre du conseil de lOrdre.
Sources : Renée Gérard, in Renée Gérard, Nicole Fouché, " Soixante-quinze ans dhistoire de lAffdu ", Diplômées, 1997, p. XXXIV.
Auteure : Renée Gérard.